En bref

  • 31 865 € exonérés par donateur et par donataire, tous les 15 ans, pour un don de sommes d’argent uniquement (art. 790 G CGI).
  • Conditions cumulatives : donateur de moins de 80 ans, donataire majeur ou émancipé.
  • Bénéficiaires : enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants ; à défaut de descendance, neveux et nièces.
  • Se cumule avec l’abattement de droit commun (100 000 € parent-enfant), soit jusqu’à 131 865 € sans impôt.
  • Déclaration obligatoire dans le mois, via le formulaire 2735 ou en ligne sur impots.gouv.fr.

En 2026, le don familial de sommes d’argent, souvent appelé « don Sarkozy », exonère jusqu’à 31 865 € par donateur et par donataire, tous les 15 ans, en plus des abattements de droit commun (art. 790 G du CGI). Il suppose que le donateur ait moins de 80 ans, que le donataire soit majeur, et que la transmission porte uniquement sur une somme d’argent — virement, chèque ou espèces —, à déclarer dans le mois via le formulaire 2735.

Les conditions à respecter pour en bénéficier

Trois conditions cumulatives ouvrent droit à ce dispositif : le donateur doit avoir moins de 80 ans au jour du don ; le donataire doit être majeur, ou mineur émancipé ; et le don doit porter exclusivement sur une somme d’argent — un bien immobilier, des titres ou un objet de valeur ne sont pas éligibles à ce dispositif spécifique, même s’ils peuvent bénéficier de l’abattement de droit commun. Contrairement à l’abattement de 100 000 € qui ne connaît aucune limite d’âge, le don familial est donc strictement borné par l’âge du donateur.

Qui peut donner, qui peut recevoir ?

Le don familial bénéficie aux enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants du donateur. À défaut de descendance directe, les neveux et nièces peuvent également en bénéficier. Ce dispositif est donc particulièrement utile pour les grands-parents souhaitant aider un petit-enfant : voir notre article sur la donation aux petits-enfants et, pour les cas sans descendant, donation à un neveu ou une nièce.

Cumul avec l’abattement de droit commun

Le don familial de 31 865 € se cumule intégralement avec l’abattement propre au lien de parenté. Entre un parent et un enfant, cela porte le total transmissible sans droits à 131 865 € (100 000 € + 31 865 €) ; entre un grand-parent et un petit-enfant, à 63 730 € (31 865 € + 31 865 €). Le détail de ces abattements de base figure dans les abattements sur les donations par lien de parenté, et le mécanisme de l’abattement de 100 000 € dans donation de 100 000 € par parent et par enfant.

Comment le déclarer : formulaire 2735 et délai d’un mois

Comme tout don manuel, le don familial doit être déclaré dans le mois qui suit sa réalisation, au moyen du formulaire 2735 (Cerfa 11278) ou via le service en ligne « Déclarer un don » sur impots.gouv.fr. Cette déclaration reste obligatoire même lorsqu’aucun droit n’est dû, car elle fixe officiellement la date à partir de laquelle court le délai de 15 ans avant le prochain renouvellement de l’exonération. Les modalités pratiques, case par case, sont détaillées dans notre article sur le formulaire 2735.

Pour les dons d’un montant supérieur à 15 000 €, une option existe : reporter la déclaration au moment du décès du donateur, via le formulaire 2734, plutôt que de déclarer immédiatement avec le formulaire 2735. Cette option reste toutefois rarement avantageuse pour le don familial lui-même, puisqu’elle retarde d’autant le point de départ du délai de 15 ans nécessaire à son renouvellement — déclarer sans attendre reste, dans la grande majorité des cas, la stratégie la plus efficace.

Le don familial et le compteur des 15 ans

Comme l’abattement de droit commun, le don familial se renouvelle intégralement 15 ans après le précédent don entre le même donateur et le même donataire (art. 784 CGI). Un grand-parent qui a mobilisé ce dispositif au bénéfice d’un petit-enfant à 60 ans pourra donc de nouveau l’utiliser à 75 ans, tant qu’il n’a pas encore atteint 80 ans à cette date. Le point de départ de ce délai est la date de déclaration du don, pas la date de sa remise matérielle : déclarer rapidement présente donc un intérêt stratégique pour faire courir le compteur au plus tôt. Le fonctionnement complet de ce délai est détaillé dans notre article sur le rappel fiscal des 15 ans.

Ne pas confondre avec le présent d’usage

Le don familial de 31 865 € se distingue nettement du présent d’usage, qui n’a lui aucun plafond légal chiffré mais doit rester lié à un événement précis (anniversaire, mariage) et proportionné au patrimoine du donateur, sans jamais faire l’objet d’une déclaration. Le don familial, à l’inverse, peut être versé sans aucun événement particulier, mais il exige une déclaration formelle dans le mois et reste plafonné à 31 865 € par période de 15 ans. Confondre les deux dispositifs expose à un risque de requalification par l’administration fiscale si un don important est présenté à tort comme un simple présent d’usage.

Que devient ce dispositif après 80 ans ?

Passé les 80 ans du donateur, le don familial de 31 865 € n’est plus accessible : seul subsiste l’abattement de droit commun, qui n’a lui aucune limite d’âge. Cette bascule est l’un des rares effets réels de l’âge sur la fiscalité des donations, détaillé dans notre article sur la donation après 80 ans.

Exemple chiffré pas à pas

Un père de 65 ans souhaite transmettre 130 000 € en numéraire à son fils majeur, qui n’a reçu aucune donation de sa part depuis plus de 15 ans. En combinant les deux dispositifs :

DispositifMontant utiliséBase légale
Abattement de droit commun100 000 €art. 779 I CGI
Don familial de sommes d’argent30 000 € (sur 31 865 € disponibles)art. 790 G CGI
Total transmis sans droits130 000 €

Le fils reçoit ainsi 130 000 € sans droit à payer, et il reste même 1 865 € de don familial disponible pour un futur don. Les deux volets doivent être déclarés séparément dans le mois suivant le don. Pour vérifier un scénario avec un montant différent, utilisez le simulateur de droits de donation.

Vos questions les plus fréquentes

Peut-on faire un don familial de 31 865 € plusieurs fois ?
Oui, ce plafond se renouvelle intégralement tous les 15 ans entre le même donateur et le même donataire (art. 784 CGI), au même titre que les abattements de droit commun. Un parent peut donc réutiliser ce dispositif à chaque cycle de 15 ans, tant qu’il a moins de 80 ans au moment du don.
Le don familial est-il possible après 80 ans ?
Non, le don familial de sommes d’argent (art. 790 G CGI) exige que le donateur ait moins de 80 ans au moment du don. Passé cet âge, seul l’abattement de droit commun (100 000 € en ligne directe) reste mobilisable. Voir notre article sur la donation après 80 ans pour les alternatives.
Peut-on faire un don familial en espèces ?
Oui, le don familial peut être versé par virement, chèque ou remise d’espèces : seule la nature de somme d’argent est exigée par l’article 790 G du CGI, quel que soit le moyen de paiement utilisé.
Le don familial de 31 865 € concerne-t-il les petits-enfants ?
Oui, les bénéficiaires possibles sont les enfants, les petits-enfants et les arrière-petits-enfants ; à défaut de descendance directe, les neveux et nièces peuvent également en bénéficier. Le donataire doit simplement être majeur ou émancipé.
Faut-il déclarer le don familial même s’il n’y a pas d’impôt à payer ?
Oui, la déclaration reste obligatoire dans le mois qui suit le don, via le formulaire 2735 (Cerfa 11278) ou en ligne sur impots.gouv.fr, même lorsque le montant est intégralement couvert par l’exonération. Cette déclaration ouvre officiellement le compteur des 15 ans.
Peut-on cumuler le don familial avec la donation de 100 000 € ?
Oui, les deux dispositifs se cumulent : un parent et un enfant peuvent transmettre jusqu’à 131 865 € sans droits (100 000 € d’abattement de droit commun plus 31 865 € de don familial), à condition que les fonds correspondent bien à une somme d’argent.

Sources et textes officiels

Informations à jour au 25 août 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l'analyse personnalisée d'un notaire, d'un avocat ou d'un conseiller en gestion de patrimoine.