En bref

  • Aucun âge maximum légal pour donner en 2026 : seule la capacité juridique du donateur compte (art. 901 C. civ.).
  • À 80 ans, le don familial de sommes d’argent de 31 865 € (art. 790 G CGI) disparaît : il est réservé aux donateurs de moins de 80 ans.
  • L’abattement de droit commun de 100 000 € parent-enfant reste intact et renouvelable tous les 15 ans, sans limite d’âge.
  • Le don manuel (argent, bijoux, titres) reste accessible après 80 ans, sans notaire, avec déclaration via le formulaire 2735.
  • Le barème de l’usufruit passe à 20 % de la valeur du bien entre 81 et 90 ans, contre 30 % entre 71 et 80 ans.

Une donation après 80 ans reste juridiquement possible sans aucune restriction d’âge : seule la capacité du donateur à comprendre la portée de son acte est exigée (art. 901 du Code civil). Fiscalement, un seul dispositif disparaît réellement à 80 ans, le don familial de sommes d’argent de 31 865 € (art. 790 G du CGI) — mais l’abattement de droit commun de 100 000 € entre parent et enfant, lui, demeure entier et se renouvelle tous les 15 ans, à tout âge, en 2026 comme avant.

Ce qui disparaît réellement à 80 ans

Le don familial de sommes d’argent, souvent appelé « don Sarkozy », est le seul dispositif borné par un âge maximum précis : l’article 790 G du CGI exige que le donateur ait moins de 80 ans au jour du don. Passé ce seuil, ce canal de 31 865 € exonéré, cumulable avec l’abattement de droit commun, se ferme définitivement — il n’existe pas de rattrapage possible après 80 ans. C’est pourquoi cette fenêtre mérite d’être anticipée avant l’anniversaire du donateur ; voir notre article sur la donation après 70 ans pour la période où ce don reste encore accessible.

À l’inverse, aucun autre abattement n’est affecté par l’âge de 80 ans : ni les 100 000 € parent-enfant, ni les 31 865 € grand-parent-petit-enfant, ni les 159 325 € pour une personne handicapée. Le barème progressif des droits de donation en ligne directe reste lui aussi identique, de 5 % jusqu’à 8 072 € à 45 % au-delà de 1 805 677 €.

Ce qu’il reste possible de transmettre après 80 ans

Trois leviers restent pleinement disponibles après 80 ans :

  • L’abattement de 100 000 € par enfant, renouvelable tous les 15 ans — un couple de donateurs de plus de 80 ans peut donc encore transmettre 200 000 € à un enfant sans droits.
  • Le don manuel (argent, bijoux, titres, meubles), sans notaire obligatoire, déclaré via le formulaire 2735 dans le mois qui suit.
  • Le présent d’usage lié à un événement (anniversaire, Noël…), proportionné au patrimoine du donateur, qui reste hors du champ fiscal des donations à tout âge.

Le barème de l’usufruit devient moins favorable

Pour une donation avec réserve d’usufruit, la valeur fiscale de l’usufruit conservé par un donateur de plus de 80 ans diminue par rapport aux tranches précédentes (art. 669 CGI), ce qui augmente la valeur taxable de la nue-propriété transmise :

Âge du donateurValeur de l’usufruitValeur de la nue-propriété transmise
71 à 80 ans30 %70 %
81 à 90 ans20 %80 %
Plus de 90 ans10 %90 %

À 85 ans, une donation en nue-propriété d’un bien de 300 000 € porte donc sur une base taxable de 240 000 € (80 %), contre 210 000 € (70 %) entre 71 et 80 ans. La donation en pleine propriété reste, elle, totalement indifférente à l’âge du donateur.

Exemple chiffré : donation d’argent à 82 ans

Un père de 82 ans souhaite transmettre 100 000 € à sa fille unique par don manuel. Le don familial de 31 865 € n’étant plus accessible (donateur de plus de 80 ans), seul l’abattement de droit commun de 100 000 € s’applique.

ÉlémentMontant
Somme donnée100 000 €
Abattement parent-enfant (art. 779 I CGI)100 000 €
Base taxable après abattement0 €
Droits de donation dus0 €

Le don est intégralement couvert par l’abattement de droit commun malgré l’âge du donateur, et doit être déclaré dans le mois via le formulaire 2735, ce qui ouvre le compteur des 15 ans pour un futur renouvellement.

Un point de vigilance propre à cet âge : la capacité et la récupération sur aide sociale

Une donation consentie après 80 ans n’est pas fiscalement plus risquée, mais elle appelle deux précautions. D’une part, la preuve de la capacité du donateur (sanité d’esprit au sens de l’art. 901 du Code civil) peut être discutée par les héritiers a posteriori, en particulier en cas de perte d’autonomie ultérieure — un acte notarié, même pour un don qui pourrait être manuel, sécurise la démarche. D’autre part, si le donateur sollicite plus tard une aide sociale à l’hébergement (ASH), les donations consenties dans les 10 années précédant la demande peuvent être prises en compte par le département dans le calcul de la récupération ; les services départementaux compétents renseignent sur les modalités précises.

Frais de notaire : pas de surcoût lié à l’âge

Le barème des émoluments de notaire reste strictement identique quel que soit l’âge du donateur : 4,931 % jusqu’à 6 500 €, 2,034 % de 6 500 à 17 000 €, 1,356 % de 17 000 à 60 000 €, puis 1,017 % au-delà, TVA en sus. Une donation notariée de 100 000 € coûte ainsi environ 1 829 € TTC d’émoluments à 55 ans comme à 85 ans. Pour comparer votre situation précise, utilisez le simulateur de droits de donation et consultez le guide complet de la donation de son vivant ou la page fiscalité des donations pour l’ensemble des abattements applicables.

Vos questions les plus fréquentes

Est-il possible de faire une donation après 80 ans ?
Oui, sans aucune limite légale d’âge : l’article 901 du Code civil exige seulement que le donateur soit sain d’esprit au moment de l’acte. Après 80 ans, seul le don familial de sommes d’argent de 31 865 € (art. 790 G du CGI) devient inaccessible ; l’abattement de 100 000 € entre parent et enfant, lui, reste entier et se renouvelle tous les 15 ans.
Peut-on faire un don manuel après 80 ans ?
Oui, le don manuel (argent, bijoux, titres) reste possible à tout âge, y compris après 80 ou 90 ans, et se déclare avec le formulaire 2735 dans le mois qui suit. Il bénéficie de l’abattement de droit commun de 100 000 € par parent et par enfant, mais plus du don familial de 31 865 €, réservé aux donateurs de moins de 80 ans.
Quel abattement pour une donation après 80 ans ?
Le même abattement de droit commun qu’à tout âge : 100 000 € par parent et par enfant (art. 779 I du CGI), 31 865 € par grand-parent et petit-enfant, 159 325 € pour une personne handicapée. Seul le don familial de sommes d’argent de 31 865 € n’est plus disponible au-delà de 80 ans.
Comment fonctionne la donation avec usufruit après 80 ans ?
Le barème fiscal de l’usufruit (art. 669 du CGI) valorise l’usufruit à 20 % de la pleine propriété entre 81 et 90 ans, contre 30 % entre 71 et 80 ans : la nue-propriété transmise, donc la base taxable, est plus élevée qu’à un âge plus jeune. La donation reste néanmoins pleinement valable et fiscalement avantageuse par rapport à une transmission en pleine propriété.
Une donation après 80 ans peut-elle être remise en cause ?
Une donation valablement consentie est en principe irrévocable, sauf inexécution des charges, ingratitude du donataire ou survenance d’enfant si l’acte le prévoit (art. 953 et suivants du Code civil). Le risque pratique à cet âge concerne surtout la preuve de la capacité du donateur au moment de l’acte, d’où l’intérêt d’un acte notarié même pour ce qui pourrait être un simple don manuel.
Une donation après 80 ans est-elle récupérable par l’aide sociale ?
Les sommes ou biens donnés dans les 10 années précédant une demande d’aide sociale à l’hébergement (ASH) peuvent être récupérés par le département auprès du bénéficiaire de la donation. Ce délai ne dépend pas de l’âge du donateur mais de la date de la donation par rapport à la demande ; renseignez-vous auprès des services départementaux compétents.

Sources et textes officiels

Informations à jour au 25 août 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l'analyse personnalisée d'un notaire, d'un avocat ou d'un conseiller en gestion de patrimoine.