En bref
- 100 000 € est l’abattement légal applicable à une donation d’un parent à un enfant (art. 779 I CGI), sans limite d’âge du donateur.
- Il se renouvelle intégralement tous les 15 ans et s’applique par parent et par enfant, pas comme un plafond familial unique.
- Cumulable avec le don familial de sommes d’argent de 31 865 €, soit 131 865 € transmis sans droits.
- Un couple avec deux enfants peut transmettre jusqu’à 400 000 € au total sans aucun droit de donation.
- Au-delà de 100 000 €, le surplus est taxé dès le premier euro selon le barème progressif de l’article 777 du CGI.
En 2026, un parent peut donner jusqu’à 100 000 € à chacun de ses enfants sans aucun droit de donation, grâce à l’abattement prévu à l’article 779 I du Code général des impôts. Ce montant se renouvelle tous les 15 ans, ne dépend d’aucune limite d’âge du donateur, et se cumule avec le don familial de sommes d’argent de 31 865 € pour atteindre 131 865 € transmis sans imposition entre un même parent et un même enfant.
D’où vient ce montant de 100 000 € ?
L’abattement de 100 000 € résulte de l’article 779 I du CGI, qui fixe le montant que chaque parent peut transmettre à chaque enfant, en franchise de droits, avant que le barème progressif ne s’applique. Ce même abattement s’applique aux donations comme aux successions en ligne directe : c’est le socle de la fiscalité de la transmission familiale en France. Le détail des abattements pour les autres liens de parenté (grand-parent, époux, frère et sœur) figure dans notre article sur les abattements de donation.
Le plafond réel : par enfant et par parent, pas par famille
L’abattement de 100 000 € ne constitue pas un plafond familial global : il s’apprécie individuellement pour chaque couple donateur-donataire. Concrètement :
- Un parent avec deux enfants peut donner 100 000 € à chacun, soit 200 000 € au total sans droits.
- Un couple (deux parents) avec un enfant unique peut lui transmettre jusqu’à 200 000 € (100 000 € de chaque parent).
- Un couple avec deux enfants peut ainsi transmettre jusqu’à 400 000 € au total sans aucune imposition.
Ce mécanisme est détaillé pour l’ensemble des enfants du foyer dans donation de son vivant aux enfants.
Cumul avec le don familial : jusqu’à 131 865 € sans aucun impôt
Pour une somme d’argent uniquement (et non un bien immobilier ou des titres), l’abattement de 100 000 € se cumule avec le don familial de 31 865 € prévu à l’article 790 G du CGI, sous réserve que le donateur ait moins de 80 ans et que le donataire soit majeur. Un parent et un enfant peuvent ainsi transmettre jusqu’à 131 865 € sans droits en une seule fois. Les conditions précises de ce dispositif complémentaire sont détaillées dans notre article sur le don familial de 31 865 €, et l’ensemble des plafonds combinés dans combien donner sans impôts en 2026.
Le bonus temporaire pour la résidence principale
Jusqu’au 31 décembre 2026, un dispositif temporaire (art. 790 A bis CGI, loi de finances 2025) permet à un parent de donner jusqu’à 100 000 € supplémentaires en franchise de droits, si les fonds servent à l’achat d’un logement neuf ou en VEFA ou à des travaux de rénovation énergétique de la résidence principale de l’enfant. Cumulé avec l’abattement classique et le don familial, un parent peut ainsi transmettre jusqu’à 231 865 € sans imposition sous conditions strictes d’affectation des fonds. Les détails et conditions figurent dans notre article dédié à ce dispositif.
Faut-il déclarer une donation de 100 000 € même sans impôt à payer ?
Oui. Même lorsque l’abattement couvre intégralement les 100 000 € donnés et qu’aucun droit n’est dû, la déclaration à l’administration fiscale reste obligatoire — via le formulaire 2735 dans le mois suivant le don, ou en ligne sur impots.gouv.fr. Cette formalité n’est pas seulement administrative : c’est elle qui fixe officiellement la date de départ du délai de 15 ans avant que l’abattement ne redevienne mobilisable, et qui sécurise le donataire en cas de contrôle ultérieur ou de contestation entre héritiers au moment de la succession. Le détail de cette démarche, case par case, figure dans notre article sur le formulaire 2735.
Y a-t-il une limite d’âge pour cette donation de 100 000 € ?
Non : contrairement au don familial qui se ferme à 80 ans, l’abattement de 100 000 € reste accessible à tout âge, tant que le donateur dispose de sa capacité juridique (art. 901 du Code civil). Les nuances liées à l’âge du donateur — usufruit, Dutreil, don familial — sont détaillées dans y a-t-il un âge limite pour faire une donation, et l’impact concret d’un franchissement de 70 ou 80 ans est chiffré dans nos articles sur la donation avant 70 ans et la donation après 80 ans.
Un point mérite toutefois d’être distingué de l’abattement lui-même : si la donation de 100 000 € avantage un enfant par rapport à ses frères et sœurs, elle reste soumise aux règles de la réserve héréditaire et peut être rapportée à la succession, indépendamment de son traitement fiscal favorable. Pour répartir équitablement une telle donation entre plusieurs enfants, la donation-partage permet de figer les valeurs au jour de l’acte et de sécuriser l’égalité entre héritiers.
Que se passe-t-il au-delà de 100 000 € ?
Le surplus au-delà de l’abattement est taxé dès le premier euro selon le barème progressif de l’article 777 du CGI, qui commence à 5 % et grimpe jusqu’à 45 % pour la fraction supérieure à 1 805 677 €.
| Fraction taxable (après abattement) | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
Le barème complet, avec toutes les tranches jusqu’à 45 %, est détaillé dans notre article sur le barème des droits de donation.
Exemple chiffré pas à pas : une donation de 130 000 €
Un parent donne 130 000 € en numéraire à son fils unique, sans donation antérieure au cours des 15 dernières années. Après déduction de l’abattement de 100 000 €, la part taxable s’élève à 30 000 €, répartie sur les tranches du barème :
| Tranche taxable | Taux | Droits sur la tranche |
|---|---|---|
| 0 à 8 072 € | 5 % | 404 € |
| 8 072 à 12 109 € | 10 % | 404 € |
| 12 109 à 15 932 € | 15 % | 573 € |
| 15 932 à 30 000 € | 20 % | 2 814 € |
Le total dû s’élève à environ 4 194 €. Or ce même parent aurait pu éviter entièrement ces droits en limitant sa donation à 100 000 € et en mobilisant les 30 000 € restants via le don familial de sommes d’argent, qui couvre jusqu’à 31 865 € supplémentaires. Pour chiffrer précisément votre situation, utilisez le simulateur de droits de donation, et pour les frais annexes, consultez le barème des frais de notaire d’une donation.
Vos questions les plus fréquentes
La donation de 100 000 € est-elle possible tous les combien de temps ?
Que se passe-t-il pour une donation de 200 000 € à un enfant ?
Peut-on cumuler la donation de 100 000 € des deux parents à un même enfant ?
Y a-t-il un âge limite pour faire une donation de 100 000 € ?
Peut-on cumuler la donation de 100 000 € avec le don familial de 31 865 € ?
Faut-il un notaire pour une donation de 100 000 € en argent ?
Sources et textes officiels
- Service-public.fr — Donations
- impots.gouv.fr — Les donations
- Légifrance — Code général des impôts, droits de mutation à titre gratuit
Informations à jour au 25 août 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l'analyse personnalisée d'un notaire, d'un avocat ou d'un conseiller en gestion de patrimoine.