En bref
- 131 865 € par parent et par enfant sans droits : 100 000 € d’abattement (art. 779 I CGI) + 31 865 € de don familial (art. 790 G CGI).
- Jusqu’à 231 865 € en cumulant l’exonération temporaire résidence principale (100 000 € supplémentaires), sous conditions strictes, jusqu’au 31 décembre 2026.
- Chaque lien de parenté a son propre plafond : 31 865 € grand-parent → petit-enfant, 80 724 € entre époux, 15 932 € entre frère et sœur.
- Le présent d’usage échappe à toute déclaration et à toute taxation, sans plafond légal chiffré mais sous condition de proportionnalité.
- Au-delà de ces seuils, les droits de donation s’appliquent dès le premier euro excédentaire, selon le barème progressif de l’article 777 du CGI.
En 2026, un parent peut donner jusqu’à 131 865 € à un enfant sans aucun impôt : 100 000 € d’abattement de droit commun (art. 779 I CGI) et 31 865 € de don familial de sommes d’argent (art. 790 G CGI), les deux étant cumulables et renouvelables tous les 15 ans. Ce plafond peut grimper jusqu’à 231 865 € si les fonds financent l’achat ou la rénovation énergétique de la résidence principale de l’enfant, grâce au dispositif temporaire de la loi de finances 2025.
Le plafond « sans impôt » de droit commun : 131 865 € par parent et par enfant
Ce montant résulte de la combinaison de deux dispositifs distincts. L’abattement de 100 000 € (art. 779 I CGI) s’applique à tout type de bien — argent, immobilier, titres — et se renouvelle tous les 15 ans. Le don familial de 31 865 € (art. 790 G CGI) ne concerne que les sommes d’argent, sous condition que le donateur ait moins de 80 ans et que le donataire soit majeur. Le détail de chaque dispositif est développé dans les abattements sur les donations et le don familial de 31 865 €.
Le bonus temporaire pour la résidence principale : jusqu’à 231 865 €
Jusqu’au 31 décembre 2026, l’article 790 A bis du CGI exonère les dons de sommes d’argent jusqu’à 100 000 € par donateur (300 000 € au total par donataire, en cumulant plusieurs donateurs), à condition que les fonds soient affectés dans les six mois à l’achat d’un logement neuf ou en VEFA, ou à des travaux de rénovation énergétique de la résidence principale du bénéficiaire, avec une obligation de conservation de cinq ans. Ce dispositif est cumulable avec l’abattement classique et le don familial, portant le total transmissible sans impôt à 231 865 € par parent et par enfant. Les conditions complètes figurent dans notre article sur l’exonération résidence principale et donner sa résidence principale.
Et sans aucune déclaration : le présent d’usage
Contrairement aux abattements ci-dessus, le présent d’usage n’a pas à être déclaré ni rapporté à la succession, et ne fait l’objet d’aucun plafond légal chiffré : il doit simplement rester lié à un événement (anniversaire, Noël, mariage, réussite d’un examen) et proportionné au patrimoine et aux revenus du donateur. Un repère prudent, souvent cité par la jurisprudence, consiste à ne pas dépasser environ 2 % du patrimoine ou 2,5 % du revenu annuel du donateur, mais il s’agit d’un ordre de grandeur, pas d’une règle légale. Voir notre article sur le présent d’usage pour les critères précis.
Faut-il déclarer même lorsqu’aucun impôt n’est dû ?
Oui, presque systématiquement. Dès qu’une somme dépasse le cadre strict du présent d’usage, elle constitue juridiquement un don manuel ou une donation, et doit être déclarée à l’administration fiscale — via le formulaire 2735 (Cerfa 11278) dans le mois suivant le don, ou en ligne sur impots.gouv.fr — même lorsque l’abattement couvre intégralement le montant et qu’aucun droit n’est réclamé. Cette déclaration n’est pas une formalité optionnelle : c’est elle qui fait courir officiellement le délai de 15 ans avant le renouvellement de l’abattement, et elle protège le donataire en cas de contrôle ultérieur ou de contestation entre héritiers au moment de la succession. Les modalités pratiques, case par case, sont détaillées dans notre article sur le formulaire 2735.
Les plafonds selon le lien de parenté
| Lien de parenté | Abattement | + Don familial possible |
|---|---|---|
| Parent → enfant | 100 000 € | + 31 865 € = 131 865 € |
| Grand-parent → petit-enfant | 31 865 € | + 31 865 € = 63 730 € |
| Entre époux ou partenaires de PACS | 80 724 € | non concerné |
| Frère → sœur | 15 932 € | non concerné |
| Oncle, tante → neveu, nièce | 7 967 € | possible si sans descendance |
Exemple chiffré : deux grands-parents et leur petit-fils
Une grand-mère et un grand-père souhaitent aider leur petit-fils majeur. Chacun dispose d’un abattement de 31 865 € (art. 790 B CGI) et peut, en complément, mobiliser le don familial de 31 865 € puisque les petits-enfants figurent parmi les bénéficiaires éligibles. Chaque grand-parent peut donc transmettre 63 730 € sans droits, soit 127 460 € au total pour les deux grands-parents réunis, à condition que chacun ait moins de 80 ans pour la part relevant du don familial.
Exemple chiffré : un parent qui combine les trois dispositifs
Un père de 60 ans souhaite aider sa fille à acheter son premier logement neuf. En combinant les trois dispositifs disponibles pour une somme d’argent affectée à ce projet, il peut atteindre le plafond suivant sans aucun droit de donation :
| Dispositif | Montant | Base légale |
|---|---|---|
| Abattement de droit commun | 100 000 € | art. 779 I CGI |
| Don familial de sommes d’argent | 31 865 € | art. 790 G CGI |
| Exonération temporaire résidence principale | 100 000 € | art. 790 A bis CGI |
| Total transmis sans impôt | 231 865 € | — |
Ce total suppose que la part relevant de l’exonération résidence principale soit bien affectée dans les six mois à l’achat du logement neuf et que sa fille conserve ce bien pendant cinq ans. Sans respecter ces conditions d’affectation, seuls les 131 865 € des deux premiers dispositifs restent garantis quel que soit l’usage des fonds.
Le cas des frères et sœurs et des tiers sans lien de parenté
Les plafonds ci-dessus concernent principalement la ligne directe et les grands-parents. Entre frère et sœur, l’exonération totale plafonne à 15 932 € (art. 779 IV CGI), sans possibilité de cumul avec un don familial de sommes d’argent — voir donation entre frères et sœurs. Pour un tiers sans lien de parenté (concubin non pacsé, ami), aucun abattement de droit commun n’existe : le premier euro donné est taxé à 60 %, sauf recours à l’abattement handicap de 159 325 € si la situation le justifie. Les alternatives possibles dans ce cas — PACS, assurance-vie — sont détaillées dans donation à un tiers sans lien de parenté.
Ce qui reste taxable au-delà
Au-delà de ces plafonds combinés, chaque euro supplémentaire est taxé selon le barème progressif de l’article 777 du CGI, qui commence à 5 % et grimpe jusqu’à 45 % pour les montants les plus élevés. Pour calculer précisément les droits dus sur un montant donné, consultez notre article sur le barème des droits de donation ou utilisez le simulateur de droits de donation.
Vos questions les plus fréquentes
Combien peut-on donner à son enfant sans payer d’impôt en 2026 ?
Combien peut-on donner sans avoir à le déclarer ?
Peut-on donner 200 000 € à un enfant sans impôt ?
Quel montant peut-on donner à un petit-enfant sans impôt ?
Faut-il déclarer un don même s’il est inférieur à l’abattement ?
Sources et textes officiels
- Service-public.fr — Donations
- impots.gouv.fr — Les donations
- Légifrance — Code général des impôts, droits de mutation à titre gratuit
Informations à jour au 25 août 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l'analyse personnalisée d'un notaire, d'un avocat ou d'un conseiller en gestion de patrimoine.