En bref
- Donner sa maison de son vivant passe obligatoirement par un acte notarié, en pleine propriété ou en nue-propriété avec réserve d’usufruit.
- Abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans (art. 779 I CGI).
- En nue-propriété, la valeur fiscale retenue dépend de l’âge du donateur au jour de l’acte (barème de l’art. 669 CGI), par exemple 60 % à 65 ans.
- Pour une maison de 250 000 €, les frais totaux passent d’environ 32 100 € en pleine propriété à environ 10 800 € en nue-propriété à 65 ans, droits de donation compris.
- La donation ne doit pas dépasser la quotité disponible, sous peine d’action en réduction des autres héritiers au décès.
Donner sa maison de son vivant en 2026 coûte deux fois moins cher en nue-propriété qu’en pleine propriété : en conservant l’usufruit, vous ne payez des droits que sur une fraction de la valeur du bien, déterminée par votre âge. Pour une maison de 250 000 € transmise à 65 ans, la facture totale (droits + frais de notaire) tombe d’environ 32 100 € en pleine propriété à environ 10 800 € en nue-propriété, avant même le jeu de l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant.
Pleine propriété ou nue-propriété : la première décision à prendre
Donner sa maison en pleine propriété transfère tout : usage, revenus et disposition du bien. C’est simple, mais cela prive le donateur de son logement ou de ses loyers, et cela taxe la totalité de la valeur du bien. Donner en nue-propriété avec réserve d’usufruit permet au contraire de continuer à occuper la maison ou à en percevoir les revenus locatifs jusqu’au décès (ou pendant une durée fixée), tout en réduisant fortement l’assiette taxable. Cette seconde option est de loin la plus utilisée pour une résidence principale ou secondaire transmise aux enfants ; elle exige néanmoins un acte notarié, comme toute donation portant sur un immeuble (art. 931 du Code civil).
Le barème de l’usufruit et de la nue-propriété selon l’âge (art. 669 CGI)
Lorsque vous donnez la nue-propriété en réservant l’usufruit, l’administration fiscale ne retient qu’un pourcentage de la valeur vénale du bien, fixé par tranche d’âge du donateur au jour de la donation. Plus vous donnez tôt, plus ce pourcentage est faible.
| Âge du donateur (usufruitier) | Valeur usufruit | Valeur nue-propriété taxable |
|---|---|---|
| Moins de 21 ans | 90 % | 10 % |
| 21 à 30 ans | 80 % | 20 % |
| 31 à 40 ans | 70 % | 30 % |
| 41 à 50 ans | 60 % | 40 % |
| 51 à 60 ans | 50 % | 50 % |
| 61 à 70 ans | 40 % | 60 % |
| 71 à 80 ans | 30 % | 70 % |
| 81 à 90 ans | 20 % | 80 % |
| Plus de 90 ans | 10 % | 90 % |
Au décès de l’usufruitier (ou au terme convenu), l’enfant nu-propriétaire devient plein propriétaire automatiquement, sans droits ni formalité supplémentaires : c’est tout l’intérêt fiscal du démembrement. Pour le détail du mécanisme, consultez notre article sur la donation en nue-propriété et sur la donation avec réserve d’usufruit.
Frais de notaire et droits de donation : le calcul complet pour une maison de 250 000 €
Prenons une maison estimée 250 000 €, donnée par un seul parent à un seul enfant, le donateur ayant 65 ans (tranche 61-70 ans : nue-propriété retenue à 60 %). Les émoluments du notaire suivent un barème dégressif (4,931 % jusqu’à 6 500 €, 2,034 % de 6 500 à 17 000 €, 1,356 % de 17 000 à 60 000 €, 1,017 % au-delà, TVA 20 % en sus), auxquels s’ajoutent la contribution de sécurité immobilière (0,10 % de la valeur transmise) et des débours de quelques centaines d’euros.
| Poste | Pleine propriété | Nue-propriété à 65 ans |
|---|---|---|
| Valeur retenue | 250 000 € | 150 000 € (60 % de 250 000 €) |
| Abattement parent-enfant (art. 779 I CGI) | 100 000 € | 100 000 € |
| Base taxable | 150 000 € | 50 000 € |
| Droits de donation | ≈ 28 194 € | ≈ 8 194 € |
| Émoluments notaire TTC | ≈ 3 659 € | ≈ 2 439 € |
| Contribution sécurité immobilière (0,10 %) | 250 € | 150 € |
| Total indicatif (hors débours) | ≈ 32 103 € | ≈ 10 783 € |
Ce calcul suppose une donation par un seul parent à un seul enfant. Si les deux parents donnent conjointement, l’abattement double à 200 000 € et la facture fiscale baisse encore ; retrouvez le détail des seuils dans notre article sur la donation de 100 000 € par parent et par enfant. Pour affiner ces montants à votre situation, utilisez le simulateur de droits de donation.
Exemple chiffré pas à pas
Monsieur Bernard, 65 ans, veut donner sa maison de 250 000 € à sa fille unique, en gardant l’usage du bien jusqu’à son décès.
- Étape 1 — Évaluation : un professionnel (notaire ou agent immobilier) estime la maison à 250 000 € en valeur vénale.
- Étape 2 — Choix du démembrement : Monsieur Bernard a 65 ans, il se situe dans la tranche 61-70 ans : la nue-propriété est valorisée à 60 %, soit 150 000 €.
- Étape 3 — Abattement : l’abattement parent-enfant de 100 000 € s’applique sur cette base, laissant 50 000 € taxables.
- Étape 4 — Droits de donation : application du barème progressif (5 % à 20 % sur les tranches successives), soit environ 8 194 € à payer par la fille.
- Étape 5 — Acte notarié : émoluments d’environ 2 439 € TTC, plus 150 € de contribution de sécurité immobilière et quelques centaines d’euros de débours.
- Étape 6 — Au décès : l’usufruit s’éteint, la fille devient pleine propriétaire sans droits ni formalité fiscale supplémentaire.
Donation-partage : garantir l’équité entre plusieurs enfants
Dès que plusieurs enfants sont concernés, la donation-partage est presque toujours préférable à des donations simples successives : elle fige la valeur du bien au jour de l’acte pour le calcul du rapport civil (art. 1078 du Code civil), ce qui évite les conflits liés à l’évolution du prix de l’immobilier entre la donation et le décès. Elle permet aussi d’attribuer la maison à un enfant en compensant les autres par une soulte ou d’autres biens. Notre article dédié détaille les formes de la donation-partage (conjonctive, inégalitaire, transgénérationnelle).
Les erreurs à éviter
La première erreur consiste à donner en pleine propriété par réflexe, sans envisager le démembrement, ce qui multiplie parfois la facture par trois. La deuxième est d’oublier la quotité disponible : une maison donnée à un seul enfant peut dépasser la part que la loi autorise à sortir de la réserve héréditaire, exposant la donation à une action en réduction au décès. La troisième est de négliger l’impact sur une éventuelle vente ultérieure ou sur l’aide sociale à l’hébergement en cas d’entrée en établissement dépendant, un point traité dans notre article sur la donation de la résidence principale. Enfin, pensez à la déclaration et à la publication de l’acte : le notaire s’en charge, mais mieux vaut anticiper le calendrier avec le guide complet de la donation de son vivant.
Vos questions les plus fréquentes
Donner sa maison à ses enfants de son vivant, comment ça marche ?
Donation maison en gardant l’usufruit : quel intérêt ?
Quels sont les frais de notaire pour une donation de maison ?
Peut-on donner sa maison à un seul enfant sans léser les autres ?
Faut-il un notaire pour donner sa maison ?
Quel âge pour donner sa maison et payer le moins de droits possible ?
Sources et textes officiels
Informations à jour au 25 août 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l'analyse personnalisée d'un notaire, d'un avocat ou d'un conseiller en gestion de patrimoine.