En bref

  • Toute donation immobilière exige un acte notarié (art. 931 C. civ.) et une publication au fichier immobilier.
  • Les droits se calculent après abattement — 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans (art. 779 I CGI).
  • Pour une maison de 300 000 € donnée en pleine propriété à un enfant, comptez environ 38 194 € de droits.
  • Donner en nue-propriété avec réserve d’usufruit réduit fortement cette base taxable, selon l’âge du donateur.
  • Coût complet à prévoir : droits de donation, émoluments du notaire, contribution de sécurité immobilière (0,10 %) et débours.

La donation immobilière transmet un bien — maison, appartement, terrain — du vivant de son propriétaire, par un acte notarié obligatoire (art. 931 du Code civil) qui inclut ensuite la publication au fichier immobilier. En 2026, les droits de donation se calculent après application des abattements légaux (100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans) puis du barème progressif en ligne directe. Pour une maison de 300 000 € transmise en pleine propriété à un enfant unique, la facture s’élève à environ 38 194 € de droits, à laquelle s’ajoutent les frais de notaire.

Les étapes d’une donation immobilière

Six étapes structurent toute donation portant sur un bien immobilier :

  • 1. Évaluer le bien : déterminer sa valeur vénale réelle au jour de la donation, seule base légale des droits à payer.
  • 2. Choisir la forme : pleine propriété, nue-propriété avec réserve d’usufruit, ou donation-partage si plusieurs enfants sont concernés.
  • 3. Rédiger l’acte notarié : obligatoire pour tout bien immobilier, quelle que soit sa valeur.
  • 4. Calculer et payer les droits de donation, après abattement et selon le barème applicable.
  • 5. Publier l’acte au fichier immobilier (service de publicité foncière), formalité assurée par le notaire, qui rend la donation opposable aux tiers.
  • 6. Conserver l’acte, référence pour le calcul d’une éventuelle plus-value en cas de revente ultérieure par le donataire.

Exemple chiffré pas à pas : une maison de 300 000 € en pleine propriété

Un parent donne à son unique enfant, en pleine propriété, une maison estimée à 300 000 €.

  • Base taxable : 300 000 € − 100 000 € (abattement art. 779 I CGI) = 200 000 €.
  • Droits de donation (barème en ligne directe) : 8 072 € à 5 % (403,60 €) + 4 037 € à 10 % (403,70 €) + 3 823 € à 15 % (573,45 €) + 184 068 € à 20 % (36 813,60 €) = environ 38 194 €.
  • Émoluments de notaire sur une assiette de 300 000 € (barème dégressif : 4,931 % jusqu’à 6 500 €, 2,034 % de 6 500 à 17 000 €, 1,356 % de 17 000 à 60 000 €, 1,017 % au-delà) : environ 3 558 € HT, soit environ 4 270 € TTC avec la TVA de 20 %.
  • Contribution de sécurité immobilière (0,10 % de la valeur du bien) : environ 300 €.
  • Débours et formalités : quelques centaines d’euros supplémentaires.

Le tableau ci-dessous récapitule ce coût complet, poste par poste, pour cette maison de 300 000 € donnée en pleine propriété à un enfant unique.

PosteMontant
Droits de donation (après abattement de 100 000 €)≈ 38 194 €
Émoluments de notaire TTC≈ 4 270 €
Contribution de sécurité immobilière (0,10 %)≈ 300 €
Débours et formalitésquelques centaines d’euros
Total indicatif≈ 43 000 €

Donner uniquement la nue-propriété, en réservant l’usufruit, réduirait fortement la ligne « droits de donation » de ce tableau, sans changer les frais de notaire : voir le détail dans notre article sur la donation en nue-propriété.

Quels biens immobiliers peut-on donner ?

Une donation immobilière peut porter sur une maison ou un appartement, occupé ou loué, une résidence secondaire, un terrain ou un local professionnel. Le principe reste le même quel que soit le bien : acte notarié, calcul des droits selon le lien de parenté et publication au fichier immobilier. La résidence principale appelle une vigilance particulière, car le donateur continue souvent d’y vivre — voir notre article dédié à la donation de sa résidence principale pour les précautions à prendre. Pour un panorama complet des étapes et coûts propres à la maison familiale, consultez également notre guide de la donation d’une maison de son vivant.

Pleine propriété ou nue-propriété : deux stratégies

Donner un bien en pleine propriété transmet immédiatement l’usage et la disposition complète du bien, mais taxe l’intégralité de sa valeur au-delà de l’abattement. Réserver l’usufruit — voir notre guide de la donation avec réserve d’usufruit — ne taxe que la valeur de la nue-propriété, calculée selon l’âge du donateur (art. 669 CGI), tout en lui laissant l’usage du bien jusqu’à son décès. Ce choix dépend avant tout de la volonté ou non du donateur de continuer à occuper ou à percevoir les revenus du bien donné.

Donner à plusieurs enfants : penser à la donation-partage

Lorsque plusieurs enfants sont concernés par la transmission d’un patrimoine immobilier, la donation-partage permet de répartir les biens en un seul acte et de figer leur valeur au jour de la donation pour le rapport civil à la succession — un avantage qu’une simple donation reste sans effet sur la réévaluation ultérieure d’un bien. Pour un patrimoine locatif plus vaste ou destiné à être fractionné progressivement, la donation de parts de SCI offre une alternative souple à la donation directe de l’immeuble.

Après la donation : plus-value, taxe foncière et succession

En cas de revente ultérieure du bien par le donataire, le prix d’acquisition retenu pour le calcul de la plus-value est la valeur déclarée dans l’acte de donation, ce qui purge la plus-value latente accumulée par le donateur — un avantage fiscal souvent sous-estimé. Si le donateur décède dans les 15 ans suivant la donation, celle-ci est réintégrée dans le calcul de la progressivité des droits de succession (rappel fiscal, art. 784 CGI), sans remettre en cause l’abattement déjà utilisé. Pour approfondir, consultez notre guide de la fiscalité de la donation, notre panorama des types de donation, et le simulateur de droits de donation pour chiffrer précisément votre propre projet.

Vos questions les plus fréquentes

Une donation immobilière nécessite-t-elle toujours un notaire ?
Oui, sans exception : toute donation portant sur un bien immobilier doit être passée par acte notarié (art. 931 du Code civil), qu’il s’agisse d’une pleine propriété, d’une nue-propriété avec réserve d’usufruit ou d’une donation-partage. Le notaire procède aussi à la publication de l’acte au fichier immobilier.
Combien coûte réellement une donation immobilière de 300 000 € ?
Pour un enfant unique en pleine propriété, comptez environ 38 194 € de droits de donation (après abattement de 100 000 €), auxquels s’ajoutent environ 4 270 € TTC d’émoluments de notaire, 300 € de contribution de sécurité immobilière (0,10 %) et quelques centaines d’euros de débours — soit un budget total de l’ordre de 43 000 €.
Peut-on donner un bien immobilier sans passer par la pleine propriété ?
Oui, c’est même la stratégie la plus courante pour réduire le coût fiscal : donner la nue-propriété du bien en réservant l’usufruit au donateur ne taxe que la valeur de la nue-propriété, calculée selon l’âge du donateur (art. 669 CGI), ce qui réduit fortement les droits par rapport à une donation en pleine propriété.
Qui évalue la valeur du bien donné ?
La valeur retenue est la valeur vénale réelle du bien au jour de la donation, estimée par les parties, éventuellement avec l’aide du notaire ou d’un professionnel de l’immobilier. Une sous-évaluation expose à un redressement fiscal ; une évaluation prudente et documentée est recommandée.
Que devient la plus-value en cas de revente du bien donné ?
En cas de revente ultérieure par le donataire, le prix d’acquisition retenu pour le calcul de la plus-value est la valeur déclarée dans l’acte de donation — ce qui purge la plus-value latente accumulée par le donateur jusqu’à la date de la donation.

Sources et textes officiels

Informations à jour au 25 août 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l'analyse personnalisée d'un notaire, d'un avocat ou d'un conseiller en gestion de patrimoine.