En bref
- Donner des parts de SCI plutôt que l’immeuble détenu en direct permet de fractionner la transmission au fil des abattements renouvelables.
- Un couple avec deux enfants peut transmettre jusqu’à 400 000 € de parts sans droits sur une période de 15 ans (2 parents × 2 enfants × 100 000 €).
- La donation de parts, bien meuble, peut se faire par acte sous seing privé enregistré, sans passage obligatoire chez le notaire.
- Le démembrement (usufruit / nue-propriété) des parts suit le même barème de l’article 669 du CGI que pour un immeuble détenu en direct.
- Le parent peut conserver la gérance de la SCI et donc la maîtrise du bien, même après avoir donné une partie des parts.
La donation de parts de SCI transmet un bien immobilier détenu via une société civile immobilière, sous forme de parts sociales plutôt que du bien lui-même. En 2026, elle suit les mêmes abattements et le même barème que toute donation en ligne directe — 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans (art. 779 I CGI) — mais offre un avantage pratique majeur : elle permet de fractionner la transmission d’un immeuble indivisible en plusieurs donations de parts, calées sur le renouvellement des abattements, et de démembrer ces parts (usufruit / nue-propriété) selon le même barème fiscal que pour un immeuble détenu en direct.
Pourquoi passer par une SCI pour transmettre
Un immeuble détenu en direct est, par nature, difficile à fractionner : on ne donne pas « un tiers de sa maison » sans créer une indivision, souvent source de blocages entre héritiers. En logeant le bien dans une SCI, la propriété se transforme en parts sociales, unités divisibles à volonté. Le parent peut alors donner, année après année ou tous les 15 ans, un nombre de parts correspondant précisément à l’abattement disponible, sans jamais dépasser le seuil taxable — une souplesse impossible avec l’immeuble lui-même, qui ne peut se donner que par fractions indivises complexes à gérer.
La fiscalité applicable aux parts de SCI
Aucune fiscalité dérogatoire ne s’applique à la donation de parts de SCI : ce sont les mêmes abattements et le même barème progressif que pour toute donation en ligne directe qui s’appliquent, calculés sur la valeur des parts données (valeur de l’actif net de la SCI, proportionnelle au nombre de parts transmises, éventuellement réduite par une décote de valorisation). Cette décote, généralement admise par l’administration fiscale pour tenir compte de l’absence de contrôle et de la difficulté de revente de parts minoritaires non cotées, s’apprécie au cas par cas : une évaluation par un professionnel (notaire, expert-comptable) est recommandée pour la justifier en cas de contrôle.
Exemple chiffré : transmettre un immeuble de 600 000 € via une SCI familiale
Un couple loge dans une SCI familiale un immeuble locatif estimé à 600 000 €, divisé en 1 000 parts sociales. Il souhaite le transmettre à ses deux enfants.
- Plafond sans droits sur 15 ans : chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 € de parts par enfant (art. 779 I CGI) — soit, pour le couple et ses deux enfants, jusqu’à 400 000 € de parts transmis sans droits sur une même période de 15 ans, en une ou plusieurs donations.
- Le solde (200 000 € dans cet exemple) reste en indivision au sein de la SCI, transmissible lors du renouvellement suivant des abattements ou par démembrement.
| Lien donateur → donataire | Abattement disponible | Valeur de parts transmissible sans droits |
|---|---|---|
| Père → enfant 1 | 100 000 € | 100 000 € |
| Mère → enfant 1 | 100 000 € | 100 000 € |
| Père → enfant 2 | 100 000 € | 100 000 € |
| Mère → enfant 2 | 100 000 € | 100 000 € |
| Total transmissible sans droits (15 ans) | — | 400 000 € |
Variante avec démembrement : à 68 ans, un parent donne la nue-propriété de parts représentant 150 000 € de pleine propriété. Selon le barème 669 CGI (tranche 61-70 ans), la nue-propriété vaut 60 %, soit 90 000 € de base taxable — intégralement couverte par l’abattement de 100 000 €, donc 0 € de droits. Ce même parent conserve l’usufruit des parts, donc les revenus locatifs qu’elles génèrent, jusqu’à son décès.
Formalités : notaire ou acte sous seing privé ?
Contrairement à la donation directe d’un immeuble, qui exige toujours un acte notarié (art. 931 C. civ.), la donation de parts sociales est un don portant sur un bien meuble. Elle peut, en principe, se réaliser par acte sous seing privé enregistré auprès de l’administration fiscale, sans passage obligatoire chez le notaire — sauf si les statuts de la SCI imposent une forme particulière pour agréer le nouvel associé, ou si un usufruit est réservé sur les parts, auquel cas un acte notarié est vivement conseillé pour sécuriser la répartition des droits entre usufruitier et nu-propriétaire.
Garder la maîtrise du bien après la donation
Donner des parts ne signifie pas perdre le contrôle du bien : les statuts de la SCI peuvent réserver la gérance au parent donateur, quelle que soit la répartition du capital entre associés. C’est un avantage que ne procure pas la donation directe d’un immeuble en indivision, où chaque indivisaire pèse en principe à hauteur de sa quote-part dans les décisions. Pour une transmission sans société intermédiaire, voir notre guide de la donation immobilière et de la donation en nue-propriété. Le principe de fractionnement dans le temps est le même que celui détaillé dans notre article sur la donation tous les 15 ans. Notre panorama des types de donation et le simulateur de droits de donation permettent de comparer ce montage à une transmission directe.
Vos questions les plus fréquentes
Donner des parts de SCI coûte-t-il moins cher que donner l’immeuble directement ?
Faut-il un notaire pour donner des parts de SCI ?
Peut-on donner uniquement la nue-propriété de parts de SCI ?
Combien de temps faut-il pour transmettre un immeuble via une SCI ?
La donation de parts de SCI change-t-elle la gestion du bien ?
Sources et textes officiels
- Service-public.fr — Donations
- impots.gouv.fr — Les donations
- Notaires.fr — La SCI, société civile immobilière
Informations à jour au 25 août 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l'analyse personnalisée d'un notaire, d'un avocat ou d'un conseiller en gestion de patrimoine.