En bref
- La réserve héréditaire garantit à vos enfants une part minimale du patrimoine : 1/2 avec un enfant, 2/3 avec deux, 3/4 à partir de trois (article 913 du code civil).
- La quotité disponible est le solde librement transmissible : 1/2, 1/3 ou 1/4 selon le nombre d’enfants.
- Sans enfant, le conjoint survivant a une réserve d’1/4 du patrimoine.
- Une donation qui dépasse la quotité disponible expose à une action en réduction des héritiers réservataires au décès du donateur.
- Le calcul se fait sur l’ensemble du patrimoine donné et légué, tous héritiers et libéralités confondus.
La réserve héréditaire fixe la part minimale du patrimoine réservée à vos enfants, quelle que soit votre volonté : en 2026, elle représente 1/2 avec un enfant, 2/3 avec deux enfants, 3/4 à partir de trois enfants (article 913 du code civil). Le reste, appelé quotité disponible, peut être librement donné ou légué à qui vous voulez. Dépasser cette quotité disponible n’annule pas la donation, mais expose à une action en réduction au décès.
Réserve héréditaire et quotité disponible : deux faces d’un même calcul
Ces deux notions se complètent : la réserve héréditaire est la part protégée pour les héritiers réservataires (vos enfants, ou votre conjoint en l’absence d’enfant), et la quotité disponible est ce qui reste, librement transmissible par donation ou testament. Ensemble, elles couvrent 100 % du patrimoine. Plus vous avez d’enfants, plus la réserve augmente et plus votre quotité disponible se réduit.
Le calcul selon le nombre d’enfants
| Nombre d’enfants | Réserve héréditaire totale | Quotité disponible |
|---|---|---|
| 1 enfant | 1/2 | 1/2 |
| 2 enfants | 2/3 | 1/3 |
| 3 enfants et plus | 3/4 | 1/4 |
La réserve totale se répartit ensuite à parts égales entre les enfants : avec deux enfants, chacun a droit individuellement à 1/3 du patrimoine (soit la moitié de la réserve globale de 2/3).
Sans enfant : la réserve du conjoint survivant
En l’absence d’enfant, c’est le conjoint survivant qui devient héritier réservataire, avec une réserve fixée à 1/4 du patrimoine. Le donateur conserve alors une quotité disponible de 3/4, qu’il peut transmettre librement à un tiers, un frère, un neveu ou toute autre personne de son choix, sous réserve de respecter cette part minimale garantie au conjoint.
Que se passe-t-il si une donation dépasse la quotité disponible ?
La donation n’est pas nulle pour autant : elle reste valable, mais elle devient « réductible ». Au décès du donateur, les héritiers réservataires lésés peuvent exercer une action en réduction pour reconstituer leur réserve. Le bénéficiaire de la donation excédentaire doit alors verser une indemnité de réduction aux héritiers concernés, calculée en valeur sur la part qui excède la quotité disponible. C’est un mécanisme correctif qui intervient au moment de la succession, pas au moment de la donation elle-même.
Sécuriser une donation qui avantage un héritier
Pour transmettre plus à un enfant ou à un tiers sans risquer une contestation ultérieure, deux précautions s’imposent : vérifier que la donation reste dans la limite de la quotité disponible, et formaliser clairement son imputation dans l’acte — voir notre article sur la donation en avance de part ou hors part successorale. La donation-partage, acceptée par tous les enfants, permet aussi de figer les valeurs et de limiter les débats au décès.
Comment le calcul se fait-il concrètement au décès ?
Au moment du décès, le notaire chargé de la succession reconstitue fictivement l’ensemble du patrimoine du défunt : les biens existants, augmentés de la valeur de toutes les donations consenties de son vivant, quelle que soit leur ancienneté. C’est sur cette masse reconstituée que se calculent la réserve héréditaire et la quotité disponible, afin de vérifier si une ou plusieurs donations l’ont dépassée. Ce mécanisme explique pourquoi une donation apparemment raisonnable au moment où elle est faite peut, des années plus tard, s’avérer avoir empiété sur la réserve d’un héritier, notamment si le patrimoine du donateur s’est réduit entre-temps.
Cette reconstitution ne remet pas en cause les donations respectueuses de la quotité disponible : elle sert uniquement à identifier, le cas échéant, la part excédentaire qui devra être compensée par une indemnité de réduction. C’est un point à anticiper avant toute donation importante, en particulier lorsque plusieurs libéralités sont prévues sur plusieurs années à des héritiers différents.
Exemple chiffré
Un donateur avec trois enfants dispose d’un patrimoine de 600 000 €. Avec trois enfants, la réserve héréditaire totale est de 3/4 (450 000 €) et la quotité disponible de 1/4 (150 000 €). Il donne 200 000 € hors part successorale à l’un de ses enfants pour l’aider à acheter un bien immobilier. Cette donation dépasse la quotité disponible de 50 000 € (200 000 € − 150 000 €) : au décès du donateur, les deux autres enfants pourront demander une action en réduction portant sur cet excédent de 50 000 €, afin de rétablir leur réserve respective.
Ce calcul dépend de la composition exacte du patrimoine au décès et peut se combiner avec d’autres mécanismes : consultez notre article donation de son vivant et succession pour l’articulation complète, et le guide de la donation de son vivant pour les démarches. Le simulateur de droits de donation permet d’estimer la fiscalité de chaque scénario.
Vos questions les plus fréquentes
Qu’est-ce que la réserve héréditaire ?
Comment calculer la quotité disponible ?
Peut-on déshériter complètement un enfant en France ?
Qu’est-ce que l’action en réduction ?
Le conjoint survivant a-t-il une réserve héréditaire ?
La réserve héréditaire s’applique-t-elle aux donations et aux testaments ?
Sources et textes officiels
- Service-public.fr — Réserve héréditaire et quotité disponible
- Notaires.fr — Réserve héréditaire et quotité disponible
- Légifrance — Code civil, article 913
Informations à jour au 25 août 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l'analyse personnalisée d'un notaire, d'un avocat ou d'un conseiller en gestion de patrimoine.